Ce n’est un secret pour personne que les adolescents utilisent Facebook, Twitter et Instagram pour documenter tous les aspects de leur vie personnelle. Il est facile de se perdre dans l’univers virtuel des médias sociaux et de croire que parce qu’on a choisi l’option ‘’privée’’ les renseignements que vous afficherez en ligne n’aura pas de répercussions. Ce blogue donnera les grandes lignes des conséquences possibles d’affichez trop de vos renseignements personnels par l’entremise des médias sociaux.

Il est de plus en plus connu que plusieurs employeurs font des recherches sur Facebook sur les employés potentiels avant même que ceux-ci aient l’occasion de se présenter. A plusieurs occasions, le résultat de ces recherches décourage les employeurs avant même de les inviter à une entrevue. Ce qui est moins connu, par contre, c’est que les universités font de même. Selon un sondage Kaplan Test Prep de 2011, 24% des agents d’admission des collèges américains ont admis avoir consulté des médias sociaux tel Facebook afin d’en apprendre plus au sujet des étudiants potentiels (Schaffer et Wong).

Ce qui est peut-être plus important de savoir pour vous, c’est que même si vous avez coché l’option « privé »  sur votre profil, Facebook se réserve le droit « d’accéderà des informations personnelles, les préserver et les partager lorsque [ils sont] convaincus qu’il est nécessaire de : détecter, empêcher et traiter des fraudes ou toute autre activité illicite » (Facebook) tel que cité dans leur politique d’utilisation des données. Ceci veut dire que, ce que vous affichez en ligne, peut et sera utilisé contre vous si vous êtes soupçonné d’avoir commis une infraction. Il suffit de se rappeler l’arrestation récente de Jacob Cox-Brown, âgé de 18 ans, pour se rendre compte des répercussions d’une mise à jour de son statut Facebook; Jacob, après être entré en collision avec deux autos alors qu’il conduisait avec les facultés affaiblies par l’alcool et avoir fui les lieux, avait affiché le commentaire suivant sur Facebook « “Drivin drunk… classic 😉 but to whoever’s vehicle i hit i am sorry. :P” » (tel que cité par Gorrow). Quelques-uns de ses « amis » Facebook ont communiqué les renseignements à la police locale qui avant ce moment-là n’avait aucune piste pour identifier l’auteur des délits de fuite. Quoique la preuve recueillie sur Facebook n’était pas suffisante pour que Jacob soit reconnu coupable de conduite avec facultés affaiblies, ils ont pu faire correspondre l’automobile immatriculée au nom de Jacob aux dommages causés sur les lieux de l’accident. Par conséquent, Jacob a été accusé de « manquements à ses devoirs de conducteur » (Gorrow).

Un autre exemple encore plus surprenant de l’utilisation par le gouvernement de renseignements affichés sur Facebook est l’histoire de Paula Asher. Paula est une jeune fille de 18 ans qui s’est retrouvée en prison suite à son refus de retirer sa page Facebook après avoir affiché « My dumbass got a DUI and hit a car LOL » (tel que cité par Ashe) et ce avant sa comparution en cour, ce que le juge n’a pas apprécié.

Les renseignements retrouvés sur Facebook sont également utilisés par les écoles secondaires lorsque des problèmes surviennent à l’école. Les étudiants de l’Ontario qui utilisent Facebook comme moyen pour harceler des étudiants de leur école peuvent être suspendus et dans certains cas peuvent être expulsés de leur école. La Loi sur l’éducation stipule à l’alinéa 306(1)(6) que le directeur d’école doit examiner s’il doit voussuspendre si vous pratiquer l’intimidation. L’alinéa 310(1)(6) de la Loi sur l’éducation stipule aussi qu’un directeur d’école doit vous suspendre si :

a)     le harcèlement est motivé par des préjugés fondés sur des facteurs tels la race, l’origine ethnique ou nationale, le sexe, la déficience mentale ou physique, entre autres, OU

b)     vous avez déjà été suspendu pour avoir pratiqué l’intimidationet votre présence continue dans l’école représente un risque inacceptable pour la sécurité d’un autre étudiant.

Afficher des propos blessants sur Facebook au sujet d’autres élèves de votre école répond à la définition d’une activité qui aura des répercussions sur le climat scolaire peu importe si vous avez affiché ces propos à l’extérieur des limites de l’école ou de l’horaire de l’école. Il est facile pour les administrations scolaires d’avoir accès à ces propos; vos commentaires sur Facebook peuvent être imprimés par n’importe lequel de vos amis ou par la personne à qui vos commentaires étaient dirigés. Tous affichages sur Facebook qui sont menaçants ou qui indiquent une habitude de comportement harcelant, ou toute autre activité criminelle peuvent être utilisés comme éléments de preuve au tribunal dans des poursuites pénales ou civiles.

Comme l’ont illustré ces exemples, il est important de savoir où vos renseignements sont conservés, pour combien de temps, et surtout, qui y aura accès. Comme l’a souligné un communiqué de presse de la police d’Astoria, « lorsque vous affichez […] sur Facebook, vous devez savoir que ça ne demeurera pas privé très longtemps » (tel que cité par Gorrow).

Références

Ashe, Dru. Teenage Girl Sent to Jail After Posting About Her DUI Charge on Facebook.” Complex Tech. 20 septembre 2012. Web. http://www.complex.com/tech/2012/09/girl-ends-up-in-jail-over-facebook-status-of-her-dui-charge. en date du 17 janvier 2013

Facebook. « Politique d’utilisation des données: autres informations dont vous devez avoir connaissance. »Facebook. 11 décembre 2012. Web.  https://www.facebook.com/about/privacy/other. en date du 17 janvier 2013

Gorrow, Chelsea. “Facebook post lands Astoria man in jail.” The Daily Astorian. 4 janvier 2013. Web. http://www.dailyastorian.com/free/facebook-post-lands-astoria-man-in-jail/article_f7f0ddf6-55d6-11e2-b3d7-0019bb2963f4.html. en date du 17 janvier 2013

Ce scénario a été rédigé par Naiara Toker, un membre bénévole de l’équipe PLE de la JFCY. Tout le contenu juridique a été révisé par un avocat salarié de la JFCY.